Prose Poétique...

Publié le par Evilysangel

Aujourd'hui, j'avais juste envie de vous faire partager mon coup de coeur pour un texte délicatement douillet qui entraine l'esprit dans un dédale de rêveries émotionnelles.
Prenez votre temps pour le déguster et en apprécier toutes les saveurs...



Au commencement est l'achat.
Il ne peut y avoir errance dans le choix, il ne saurait y avoir erreur.
Pour les amateurs de salon, la griffe est la seule référence, elle signe la provenance : Brésilien contre Ivoirien, fin du fin, l'Abyssin.
L'amoureux du fugace, des matins câlins, se laisse guider par l'oeil et par la main.
Mais attention, ne pas céder aux charmes de la brillance.
C'est de chatoyance dont il s'agit, de matité chaleureuse.
De cela on s'assure en laissant glisser entre les doigts le noir strié de brun. Le grain doit en être râpeux, sans excès. Le lisse ne retient pas le parfum.
L'avoir acheté à la parfin ne nous en donne pas la pleine possession. Il faut l'apprivoiser et c'est une histoire d'eau.
Prise aux sources, mamelles de la Terre? Volée aux goutières diluviennes? Querrelle de chanoine !
Ce qui importe c'est la chaleur.
La température idéale se situe exactement entre le frémissement et l'ébullition.
Donc, quand on voit que ça va, il faut verser avec mesure, sur deux ou trois mesures.
Bien au milieu de façon à ne pas le prendre à rebrousse-poil car il n'est pas à l'abri d'un grain de folie, il est prompt aux débordements.
Cette faculté à l'indépendance lui vaut d'être associé à l'Amour mais ceci est une autre histoire.
Ainsi domestiqué par une association qu'on croyait contre nature, il demande non pas à servir mais à être servi. Et alors, la question du récipient est amenée sur le tapis. Selon l'instant, celui-ci peut être pansu comme un édredon ou ténu comme une feuille.
On peut l'accompagner de quelques chatteries, l'adoucir d'un nuage de lait et même le gâter à force de sucre.
Pour moi, je le préfére nature. J'en goûte plus sûrement la volupté et l'indépendance. Et à ceux qui croient qu'insidieusement il électrise, je conseille de n'en point prendre plutôt que de le châtrer.
A la réflexion, je n'ai pas souvenir d'avoir rencontré un amateur de café qui n'aimât pas les gens et les livres.

 "Tous Grains Dehors"
de Christiane Escot.


Ce texte est une pure invitation à la volupté...même si elle n'est que café...
Se laisser aller à savourer un bon café calée dans mon fauteuil avec un bon livre : Délices!!!!

@+ tard...

Publié dans Coup de Coeur!

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ratounette 08/01/2009 11:08

oohhh que c'est joli! effectivement j'ai bien prendre mon cafe bien installée dans mon canapé avec un bon livre... manque plus que le bon gros chat sur les genoux....

Evilysangel 08/01/2009 11:20


Ben voilà... Tu as tout compris...lol